Grâce à un but au buzzer de Timothey N’Guessan, l’équipe de France n’a pas perdu le choc face à l’Allemagne (25-25). Les Bleus sont officiellement qualifiés pour le tour principal du Mondial.

Ouf. A une seconde près, l’équipe de France aurait connu sa première défaite du championnat du monde. Une défaite, face à l’Allemagne, l’une des deux pays organisateurs, qu’elle aurait sans doute traîné comme un boulet durant le tour principal. Mais Timothey N’Guessan est arrivé. En échec jusque-là, coupable d’un passage en force évitable sur l’action précédente, l’arrière des Bleus s’est élevé au-dessus du mur de Berlin et a envoyé un missile dans les filets. « Je suis content d’avoir marqué le dernier but, mais je suis surtout content de l’équipe, lâchait modestement le sauveur quelques minutes après avoir offert le match nul à son équipe (25-25). On n’a rien lâché, on s’est battus jusqu’au bout. C’est aussi comme ça qu’une équipe se crée. » Car si tout n’a pas été parfait dans la bouillante Mercedes-Benz Arena toute bariolée de rouge, jaune et noir, les Français ont montré une grosse force de caractère pour ne pas perdre le combat.

« On savait qu’ils étaient capables de le faire, expliquait Didier Dinart devant les caméras de beIN Sports. Il ne fallait pas lâcher. L’équipe n’a pas rompu. On avait besoin d’un match référence, je pense que celui-là va en être un. » Face à une équipe allemande poussée par 15 000 supporters, rien ne fut facile pour les Français. Il leur a fallu près de sept minutes pour marquer leur premier but, l’oeuvre de Michaël Guigou, comme un symbole douze ans après la demi-finale mondiale de Cologne qui a fait couler tant d’encre. Quelques secondes plus tard, les Bleus perdaient Cédric Sorhaindo, le capitaine, touché au mollet et incapable de remettre les pieds sur le terrain. Sans oublier l’adversaire, galvanisé, qui a posé de très gros problèmes aux doubles champions du monde en titre.

L’arbitre n’avait pas sifflé…

Si Luc Abalo, efficace en première période, permettait à l’équipe de France de prendre pour la première fois l’avantage après vingt minutes d’une grosse bataille défensive (4-5, 19ème), l’Allemagne allait mieux terminer le premier acte, à l’image de son gaucher Fabian Wiede expert pour nettoyer les lucarnes. A la pause, les Tricolores accusaient deux longueurs de retard, ce qui n’est pas rien dans un match aussi avare en buts (10-12, MT). Grâce à une excellente entame de seconde période, et des arrières enfin efficaces, la France recollait au score. Elle passait même furtivement devant lorsque Kentin Mahé, le meilleur joueur sur le terrain mardi soir (9 buts à 82%), mettait le fantasque Silvio Heinevetter sur les fesses suite à une merveille de lob sur penalty (14-15, 36ème). Quelques coups de sifflets défavorables plus tard, les Bleus, véritablement pas aidés par les arbitres, se retrouvaient de nouveau à deux buts et le temps ne jouait plus en leur faveur (22-20, 52ème).

Puis le match est devenu complètement fou. A 25-23 et deux minutes à jouer, Kentin Mahé a d’abord maintenu les siens en vie en transformant son quatrième jet de sept mètres de la soirée. Puis Vincent Gérard est sorti de sa boîte pour effectuer l’arrêt de l’espoir. Mais sur l’offensive suivante, Timothey N’Guessan se trompait et commettait un passage en force. Les Allemands avaient les cartes en mains. Sauf que Fabian Bohm, le même qui venait d’échouer sur le gardien français, adressait une passe aux panneaux publicitaires. Les Bleus avaient trente secondes pour marquer. Malgré un temps-mort, leur dernier enclenchement était tardif, si bien que la défense allemande se permettait de faire faute assez loin de son but à trois secondes de la fin. Dika Mem, pourtant dans le dur pour la première fois du tournoi, prenait la responsabilité du dernier tir mais le ballon échouait dans le mur. La défaite semblait consommée avant, premier miracle, que l’arbitre n’indique qu’il n’avait pas encore sifflé. Timothey N’Guessan ne laissait pas passer la deuxième chance, son seul but du match était le plus important.

« C’est le match que l’on attendait tous, résumait Kentin Mahé, remarquablement inspiré pour mener le jeu des Bleus. De la défense, de l’ambiance, des décisions difficiles et à la fin c’est un match nul qui nous arrange. » En effet. En climatisant la Mercedes-Benz Arena, les Tricolores vont s’éviter de partir avec deux points de retard sur les Allemands avec qui ils poursuivront l’aventure lors du tour principal. Et comme le Brésil a surpris la Russie dans l’après-midi (25-23), tout laisse présager que Français et Allemands débuteront la nouvelle phase avec le même nombre de points, trois, au compteur. Ce qui n’était pas gagné une seconde avant la fin complètement folle de ce match au sommet qui aura tenu toutes ses promesses.

PROGRAMME ET RÉSULTATS
10/01 : Allemagne-Corée 30-19
11/01 : Serbie-Russie 30-30
11/01 : France-Brésil 24-22
12/01 : Russie-Corée 34-27
12/01 : Allemagne-Brésil 34-21
12/01 : France-Serbie 32-21
14/01 : Serbie-Brésil 22-24
14/01 : Allemagne-Russie 22-22
14/01 : France-Corée 34-23
15/01 : Russie-Brésil 23-25
15/01 : Corée-Serbie 29-31
15/01 : Allemagne-France 25-25
17/01 : Brésil-Corée (15h30)
17/01 : Allemagne-Serbie (18h)
17/01 : France-Russie (20h30)

CLASSEMENT
1. France 7 pts (+24), 2. Allemagne 6 pts (+24), 3. Russie 4 pts (+5), 4. Brésil 4 pts (-11), 5. Serbie 3 pts (-11), 6. Corée 0 pt (-31)

Extrait de Made In Hand